Entretenir son gazon

Le gazon est constitué d’une multitude de plantes. Aux différentes graminées qui composent le mélange de base, peuvent s’ajouter au fil du temps d’autres jolies spontanées, que l’on acceptera plus facilement puisqu’elles seront peu envahissantes (violettes, primevère, bugle rampante ou lierre terrestre).

Dans des conditions favorables, les graminées dominent et exercent une compétition efficace et ces petites plantes ne constituent donc pas une menace. Elles flattent l’œil et sont même utiles pour les insectes auxiliaires. Elles constituent une véritable source de pollen et de nectar et fleurissent très tôt (parfois fin janvier comme les pissenlit, pâquerette, lamier pourpre, violette…) ce qui permet aux premiers butineurs de trouver de quoi se rassasier à la sortie de l’hiver comme les bourdons et les syrphes.

Si les conditions du sol sont au contraire défavorables (tassement du sol, mauvaise infiltration d’eau, appauvrissement en azote et en humus, acidification…) les spontanées peuvent rapidement devenir dominantes, au dépens des graminées qui se mettent alors à régresser.

En attendant le printemps, période à laquelle les semis sont effectués dans les jardins, vous pouvez d’ores et déjà déterminer l’usage que vous aurez de votre gazon : le mélange adéquat de semences permettra à la pelouse de résister pendant de longues années, sans grand entretien et engrais et surtout sans utilisation de pesticides.

〰️ Une pelouse pour la détente, le sport et les jeux doit résister au piétinement et à la sécheresse passagère;
〰️ Pour un jardin d’ornement, le mélange doit être constitué de graminées fines et courtes, à croissance lente. Sachez toutefois que ces gazons de prestige ne supportent pas le piétinement ni la sécheresse. Ils sont plus vulnérables aux mousses, aux indésirables et aux parasites du sol et nécessitent un entretien régulier (engrais, arrosage, scarification…);
〰️ Les gazons d'ombre existent mais ne supporte pas le piétinement et seront plus vite envahis de mousse si votre sol est peu perméable.

Petit post spécial sur le gazon et les solutions préventives et curatives pour désherber et garder une belle pelouse durant de nombreuses années !

Petit tour d’horizon des herbes indésirables les plus communes dans nos pelouses

  • Le pissenlit 
    Il est envahissant à cause de ses graines volatiles. Il prolifère dans les sols tassés, piétinés, compacts et dans les pelouses tondues trop court et/ ou qui ne sont pas assez denses. Il est toutefois apprécié pour ses jeunes feuilles comestibles et ses fleurs qui attirent les insectes pollinisateurs dès le début de l’année. 
    〰️ Remèdes : arrachez les racines des plantes en excès à l’aide d’un outils, montez la hauteur de tonte et refaites travailler l’activité du sol en apportant du compost.

  • Le grand plantain 
    Il contient énormément de graines collantes qui se disséminent très facilement. Ses feuilles sont également comestibles (à cuisiner comme les épinards) et sa sève fraîche peut calmer les piqûres d’insectes et d’orties. 
    〰️ Ses causes de prolifération et les remèdes à adopter sont les mêmes que pour le pissenlit.

  • Le trèfle blanc
    Il est très apprécié des insectes butineurs, comme les abeilles, ce qui peut rendre délicat le fait de marcher pieds nus sur la pelouse. Il prolifère dans un sol tassé, compact, piétiné, pauvre en azote assimilable. 
    〰️ Remèdes : arrachage des tiges à la main, tonte-mulching (laisser une petite couche d’herbe tondue sur la surface de la pelouse) et apport de compost et d’azote organique (purin d’ortie, poudre de sang…)

  • La renoncule rampante et la potentielle rampante
    Ces jolies plantes à fleurs jaunes prolifèrent vite grâce à leurs stolons et leurs tiges rampantes, dans des sols tassés, compacts, piétinés, humides en hiver pour la renoncule.
    〰️ Remèdes : faire travailler les vers de terre en ajoutant du compost mûr, monter la hauteur de tonte et lutter contre l’acidité du sol.

  • Le rumex crépu et le rumex à feuilles obtuses
    Leurs feuilles larges étouffent l’herbe et leurs tiges florales fortes et hautes produisent des milliers de graines qui se conservent dans le sol plus de 50 ans ! À couper avant floraison.
    Ils s’épanouissent dans un sol tassé, riche en matière organique mal décomposée, humide, asphyxié et tondu trop court.
    〰️ Remèdes : monter la hauteur de tonte et tondre avant la montée en graines, arracher les plants à la main, modérer les apports en engrais azoté, lutter contre l’acidité du sol.

  • La porcelle enracinée 
    Ses feuilles forment une rosette plaquée au sol qui étouffe les graminées. Ses fleurs jaunes se hissent en hauteur durant l’été et sont très visitées par les butineurs.
    Elle prolifère dans des pelouse à tonte courte, des sols épais, pauvres, tassés et desséchés en été, plutôt acides.
    〰️ Remèdes : monter la hauteur de tonte, pratiquer la tonte-mulching sauf quand les porcelles sont en graines, apport en compost à l’automne.

Quel entretien pour quelle période ?

En début d’année 
Avant l’engazonnement, il est indispensable d’extirper tous les organes souterrains des herbes vivaces présentes au moment de la préparation du sol.

Au printemps (mars/ avril/ mai) 
Après la levée du gazon semé, la première tonte de printemps éliminera la plupart des indésirables. Elle peut être courte (5 cm) pour égaliser le tapis herbeux et favoriser le tallage. Le gazon prestige sera quant à lui à tondre encore plus court (3 cm).

De mars à novembre 
Ensuite, laissez entre 5 à 6 cm minimum : un gazon tondu haut résiste beaucoup mieux aux mousses, insectes ravageurs, maladies cryptogamiques, herbes envahissantes (notamment celles à feuilles larges étalées comme rumex, plantain, porcelle , pissenlit…) et à la sécheresse.

Dans un gazon tondu trop court, l’herbe couvre moins le sol et laisse donc passer la lumière qui permettra la germination des graines et la ponte des insectes. De plus, le système racinaire plus proche de la surface ne permet plus de chercher l’eau en profondeur durant les périodes sèches.

N’oubliez pas de nourrir votre pelouse ! Ou plutôt les micro-organismes qui se cachent dans le sol et qui la rendent bien verte et « en pleine forme » :

  • Laissez de temps à autre l’herbe tondue finement sur place sans la ramasser (tonte-mulching) ;

  • En automne, laissez les feuilles mortes sur l’herbe et broyez-les finement avec votre tondeuse pour une décomposition plus rapide;

  • Ajoutez tous les 2 à 3 ans du compost bien mûr (200 à 500g/ m2) qui sera une source de nourriture pour les bactéries et les vers de terre mais aussi un engrais naturel riche en potasse, phosphore, azote et magnésium. Il sera à saupoudrer sec et émietté à la surface de votre pelouse, juste après une tonte.

Dès le mois de septembre : scarifiez en cas de présence de mousse :

Sa présence indique que votre sol est trop compact (peu poreux donc humide en hiver et l’eau ne s’infiltre pas et stagne), qu’il est pauvre et manque de micro-organismes et qu’il a une tendance acide. Elle préfère aussi les pelouses clairsemées et tondues court, les situations ombragées et humides.

La scarification du mois de septembre permettra de supprimer le chaume et la couche de mousse accumulés. Procédez également à des apports réguliers de compost et de débris végétaux faciles à décomposer et à manger par les lombrics qui serviront à aérer le sol. Chaulez si nécessaire après avoir vérifié que la terre est acide en mesurant le PH du sol. Ressemez un gazon spécial ombre mais la mousse reviendra si vous n’améliorez pas la perméabilité du sol...

La mousse reste toutefois utile pour les oiseaux (comme les passereaux et les mésanges qui en remplissent leur nid), les batraciens, les carabes et les musaraignes qui l’adorent pour sa fraicheur.

Elle constitue également un lieu de chasse riche en proies, alors pourquoi ne pas laisser un petit coin de mousse dans votre jardin ?